Cyril ETESSE

Cyril ETESSE

COMEDIEN HUMORISTE



Ecriture flippante du Temps des Monstres...

22 août 2015
Spectacle et affiliés - 2 commentaires

L'histoire que vous allez lire... est vraie en tout point.
Ça fait maintenant presque plus de deux ans que j'emmagasine vannes, blagues, idées et autres charades (non là  je déconne) pour la préparation de mon nouveau spectacle. Et ça fait un peu plus de 6 mois que j'ai entamé son écriture. Nous sommes en août et je commence à  voir le bout de la première version. C'est motivant.

 

Un nouveau spectacle, de A à  Z, c'est toujours un peu délicat. On a l'impression de repartir à  zéro et il faut se prouver qu'on peut écrire des trucs aussi forts et marrants que ce qui a fonctionné dans le précédent. De fil en aiguille, d'idées en idées, le fil conducteur s'est un peu révélé tout seul. Ce nouveau spectacle va s'appeler "le Temps des Monstres"... Parce que quand on y regarde... Avec tout ce qu'on vit, tout ce qu'on voit depuis maintenant quelques années, on est dans une époque devenue monstrueuse.
Bon, dit comme ça, ça n'a rien de drôle. Mais le spectacle le sera ! Promis ! Enfin, normalement, il le sera, c'est écrit pour.
Le truc, c'est que l'écriture est flippante. Je pars d'un postulat un peu sinistre, qui est de considérer que l'homme a tellement pété les plombs depuis des décennies qu'on peut se demander si sous le masque de l'homme ne se cache pas plutôt le visage du démon. C'est un point de vue qui me permet d'aborder plein de choses variées et, j'espère originales, que je ne vais pas dévoiler encore. Et c'est la signification de la nouvelle affiche, soit-dit en passant.
Et puis c'est une inspiration très "manga" qui rejoint bizarrement ma dernière lecture : la réédition du chef d'oeuvre de Go Nagai, "Devilman" (éditions Black Box), où cette idée tient une part importante du scénario...

Bref. La mise en place de ce spectacle, et la réflexion qui l'accompagne, c'est des mois de travail et de détails mis bout à  bout.
Et c'est assez flippant de travailler sur le thème du Monstre en fin de compte, même si j'adore ça depuis que je suis gamin. Ça m'a renvoyé à  l'histoire d'Iron Maiden, mon groupe favori, qui lorsqu'il avait enregistré en 1982 le cultissime album "The number of the beast", avait été victime de phénomènes étranges. Le plus connu étant celui où, après avoir travaillé sur la chanson titre (parlant de sc!ences occultes et de l'avènement du diable) tout l'après-midi, le producteur rentrait chez lui en voiture et percuta un mini-bus. Dans celui-ci, il n'y avait que des bonnes soeurs. En amenant la voiture au garage, on lui dit que le montant des réparations s'élèverait à  666 livres (le nombre du diable, pour ceux qui ne suivent pas)... De quoi flipper même si on n'est pas croyant ou porté sur le mysticisme.
Si je dis ça c'est parce que l'écriture de certains sketchs m'a provoqué cet été de drôles de fatigues. Le genre de fatigue qui vous épuise et vous pousse à  dormir presque une après-midi entière alors que vous n'avez rien fait de spécialement exténuant. J'avais lu qu'en dessinant "Devilman" dans les années 70, Go Nagai avait aussi été pris de fatigue et de fièvres inexpliquées. Alors loin de moi l'idée de faire une comparaison prétentieuse mais, après avoir écrit des textes en rapport direct avec les Monstres (au sens cinématographique, les films d'horreur tout ça...) j'ai été pris de maux de gorge surprenants et d'envies de dormir systématiques. On va dire que j'ai trop réfléchi ou que c'est plus simplement la faute à la canicule de cette année. On va dire que c'est ça, ça cloturera le débat et ça vous évitera de vous moquer de moi.
Mais il y a plus "drôle" ou plus étrange...



Hier, j'achève un sketch qui traite des films d'horreur. Et je développe en parlant des pigeons, qui feraient un bon sujet de film d'horreur. Je ne rentre pas dans les détails mais bon, le pigeon est un animal que je déteste réellement. Je trouve ça sale, pénible et envahissant. Bref, j'en parle dans le sketch, toujours dans le thème du Monstre, des démons etc.
Je suis ma foi content du premier jet et je prévois de retravailler ça à  tête reposée aujourd'hui.
Je fais une pause, je me prend une glace dans le congélateur, je vais dans le salon et je m'installe à  ma table. Il y a une fenêtre vitrée qui donne sur la rue, avec un petit balcon. Tout est ouvert, on est en plein mois d'août. Je baisse les yeux et au pied du balcon, je vois... Un énorme pigeon.
Mais attention ! Pas le pigeon dégueulasse qui vous chie dessus et vous fait fondre les habits ! Un beau pigeon, très blanc avec des couleurs rousses ici et là . Je lui fait de grands gestes pour qu'il s'envole. Pas une réaction. J'essaie de lui faire peur. Rien du tout. La bestiole est perchée sur la petite marche, la queue dans la baraque et n'a pas l'air décidé à  décamper. Je tente tout, j'actionne le store, je fais des bruits, des gestes, bref je passe pour un con puisque les passants entendent depuis la rue un taré, en slip (oui c'est l'été) faire des hurlements pour faire fuir un pigeon de sa piaule. Je suis sûr que tu vois l'image et que tu ris et je t'en remercie. Au moins ça !
La bestiole se retourne alors et rentre chez moi. C'est là  que je vois ses pattes. Des trucs immondes avec des plumes immenses. Je n'ai jamais vu ça. C'est un mutant. Je me demande si ça peut voler. En fait je me demande s'il n'est pas blessé et s'il ne peut plus voler... Mais il a quand même réussi à  atterrir sur la petite marche ! Sous le store à  demi-baissé (pour pas que trop de soleil rentre dans la pièce), entre la petite marche et les barreaux du balcon ! Tant bien que mal, je parviens à  diriger la créature sur le rebord. Je ferme la porte fenêtre... Et le pigeon ne bouge pas. Il regarde le bas de la rue. Je prends alors pitié. Je me dis qu'il est vraiment blessé et qu'il ne peut plus voler. Moi qui déteste les pigeons, je me dis qu'il va peut-être falloir que je le touche alors que je ne supporte pas ça... J'ouvre... Et ce salopard décolle dans un élan magnifique !
Ce connard de pigeon m'a fait perdre mon temps, m'a fait flipper, parce que tout ça est arrivé juste après l'écriture quand même et c'est assez troublant. Il y a des phénomènes qui ne s'expliquent pas... Mais du coup, j'ai des retouches à  faire sur mon nouveau texte !

Je vous ai dit que je haïssais les pigeons ?????

Commentaires

Cyril Etesse
11 septembre 2015  12:40
Je pense qu'on pourra se passer de l'eau bénite ahah !
Fabienne
11 septembre 2015  12:30
Hum...va-t-il falloir amener crucifix et eau bénite à ton prochain spectacle ? Ça vaut le coup d'y réfléchir... Moi aussi je déteste les pigeons, mais par chance j'ai un chat qui lui, les adore...


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